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Bugey: ces déchets nucléaires qui alarment les Genevois
Depuis la fenêtre de son salon, Arlette Sebaoun observe la centrale nucléaire du Bugey, située à Saint-Vulbas (Ain), à 70 kilomètres à vol d’oiseau de Genève. Aux côtés des cinq réacteurs, dont quatre sont en activité, et des tours réfrigérantes, des grues ont poussé. ICEDA sort de terre. Un bâtiment de 8000 m2 destiné à entreposer 2000 tonnes de déchets radioactifs, issus du démantèlement de neufs réacteurs français à l’arrêt. De quoi susciter l’inquiétude du voisinage direct, mais aussi des Genevois.
«C’est immense tout ce qui va être stocké ici, lance Arlette Sebaoun. Au départ, on devait recevoir uniquement les déchets liés à la déconstruction des réacteurs. Mais il y aura aussi du matériel de maintenance de réacteurs en activité.» Habitant les lieux depuis 1973, la retraitée a vu la centrale se construire de A à Z. «On vit avec, dit-elle philosophe. Mais là, on nous en rajoute encore.» Malgré les propos rassurants des responsables du projet, elle s’inquiète: «Ça me fait peur. Je pense qu’il y aura beaucoup de radioactivité.» D’où son implication dans le combat de l’Association hièroise de défense de l’environnement (AHDE).
Oppositions locale et suisse
Aux côtés de six autres associations, l’organisation locale a déposé un recours devant le Conseil d’Etat français contre l’autorisation de construire ICEDA, délivrée le 25 avril 2010. Pour le président de l’AHDE, Bernard Gajnik, ancien employé de la centrale, il est surtout nécessaire de se battre pour que les déchets ne soient pas définitivement stockés sur le site bugiste. «On nous dit que c’est pour 50 ans, mais si un jour on privatise les centrales, cela va rester là.» Il poursuit: «C’est pour l’avenir de notre village, pour nos enfants qu’on se mobilise.» Et de conclure: «Même les Suisses s’inquiètent.»
A Genève, les socialistes, les Verts, solidaritéS ou encore Contratom ont en effet dénoncé avec force le projet. S’appuyant sur la Constitution et rappelant le poids qu’avait eu l’opposition genevoise dans la fermeture de Superphénix (Creys-Malville), les antinucléaires se sont notamment émus du manque de concertation avec la Suisse voisine. Le 7 juin, le président des Verts, Ueli Leuenberger, demandait au Conseil fédéral s’il «était prêt à intervenir auprès des autorités françaises pour s’opposer à ce projet, situé seulement à 120 kilomètres (ndlr: par la route) de Genève?»
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